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Publié : 24 mai

Législatives 2017 en presqu’île guérandaise : le collectif Cap Radioactivité interpelle les candidats

A l’occasion des élections législatives de juin 2017, le collectif Cap Radioactivité , dont l’un des membres fondateurs est l’association Vert Pays Blanc et Noir, a adressé une lettre ouverte aux candidats de la 7ème circonscription de Loire Atlantique.

Monsieur/Madame, candidat à la députation,

Le Collectif Cap Radioactivité créé en 2014, est composé d’associations et de particuliers de la presqu’île guérandaise avec 3 objectifs :

  • alerter le public sur la présence en Presqu’île Guérandaise de stériles radioactifs, issus d’anciennes mines d’uranium à partir des mesures réalisées par une équipe de bénévoles.
  • obtenir la mise en place d’un comité de suivi afin de gérer ce dossier dans la plus grande transparence et permettre l’assainissement des lieux contaminés.
  • collaborer au sein du collectif national Mines Uranium pour changer la législation inadaptée en matière de protection de la population

À l’expérience de nos mesures et des suivis de dossiers ainsi qu’aux échanges avec Areva et les autorités territoriales, nous contestons fortement la gestion des déchets uranifères dits « stériles miniers » répandus à partir des anciennes mines d’uranium de la Presqu’île Guérandaise.

Dans le cadre des mesures et de leur évaluation :

Nous n’acceptons pas que seule la mesure à hauteur d’un mètre du sol fasse foi. Si le centre de gravité d’un adulte est à cette hauteur, celui d’un enfant est beaucoup plus bas. Lorsque ce point se trouve sur le bord d’un chemin de randonnée contaminé comme à Guérande, dans le cas d’un possible pique-nique, adultes comme enfants se trouvent au contact du sol.

Nous contestons la méthode de lissage employée actuellement par l’entreprise Areva qui s’appuie sur une moyenne noyant de fait la présence d’un pic localisé de radioactivité, sous-estimant ainsi les risques réels.

Nous contestons la pondération faite au titre de l’usage du lieu. Si la fonction d’un lieu radioactif implique sa faible fréquentation, durant les 1 600 ans de la demi-durée de vie du Radium peut-on augurer de ses futures affectations ? Ce chemin de randonnée, cette cour de ferme, peuvent devenir un centre aéré, un accès à un lotissement. Aujourd’hui, si nous constatons qu’une signalisation n’est pas envisageable par les collectivités pour des raisons économiques liées au tourisme dans notre secteur, nous considérons que les documents de signalement en mairie, déjà oubliés dans certaines mairies, ne garantiront pas la mémoire du risque.

Par ailleurs, après les opérations d’assainissement réalisées par Areva, nous avons constaté une décontamination insuffisante en raison de niveaux encore élevés de radioactivité observés dans un rayon d’un mètre autour du point traité. Ces opérations se sont déroulées en toute confidentialité. Quelles ont été les conditions de l’enlèvement et du transport des déchets ? Quelles mesures ont été prises par le personnel pour leur propre sécurité ? Nous sommes en droit de nous interroger et de regretter que L’État s’en remette à Areva à l’origine des pollutions, d’où un conflit d’intérêt au détriment de la protection sanitaire de la population.

La France a compté plus de 200 mines d’uranium, si toutes les régions ont une radioactivité naturelle, il n’y a pas lieu d’en rajouter dans les 25 départements concernés. On se doit d’aller vers une décontamination la plus complète possible. Pour cela, un travail législatif est indispensable. Aussi, nous vous demandons, quand vous serez député, d’agir dans ce sens et faciliter la mise en place d’une réglementation reprenant les points suivants :

Prise en compte des seules mesures au sol ;

Suppression du lissage par une moyenne sur une quelconque surface, seul le point de mesure maximal doit être la référence ;

Enlèvement systématique des stériles sur tous les points présentant une forte radioactivité due aux activités humaines (seuil à fixer) indépendamment de l’usage du lieu ;

Surveillance des enlèvements par des personnes indépendantes de Areva et des autorités territoriales ;

• Au même titre que pour le plomb, l’amiante etc., en cas de cession, obligation d’un contrôle du niveau de la radioactivité, dans les bâtis et terrains, du radon dans les seules constructions.

Merci de nous transmettre votre opinion et votre engagement sur cette problématique liée à la gestion de risque en matière de radioactivité en Presqu’île Guérandaise mais aussi plus largement sur l’ensemble du territoire français.

Le Collectif Cap Radioactivité, le 22 mai 2017 -

Contacts : Courriel : cap.radioactivite@free.fr