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Publié : 16 août 2013

Eolien en mer : Atelier Environnement du 11 juin 2013

Beaucoup de questions lors de la réunion publique à Guérande ont nécessité la mise en place d’un atelier d’approfondissement "Environnement". Cet atelier, organisé et présidé par la Commission Particulière de Débat Public, s’est déroulé le 11 juin 2013 à Saint-Nazaire. Ouvert au public, il a réuni 70 personnes : associatifs, collectivités, simples citoyens venus pour interroger les représentants du consortium sur le volet environnemental.

Compte-rendu de l’atelier public d’approfondissement « Environnement » du 11 Juin 2013 à St Nazaire organisé et présidé par la Commission Particulière du Débat Public (CPDP)

 Les laminaires et la zone du projet

Vert Pays Blanc et Noir a posé la question de la contradiction entre la présentation du cabinet Bio-Littoral (forêt de laminaires, richesse qui serait détruite par le projet), et la présentation des études du cabinet missionné par le porteur de projet, qui montre 135 points d’étude vidéo, avec l’absence de laminaires sur la plupart des points concernés.

La responsable du cabinet Bio-Littoral à la suite de cette interrogation a souhaité préciser que la zone serait "potentiellement couverte de laminaires", et "on se pose des questions c’est tout".

En réponse, la représentante du consortium est intervenue : pas de contradiction, elle est d’accord sur le point de plongée effectué par BioLittoral où sont présents des laminaires mais cette présentation est incomplète et ne peut aboutir à des conclusions telles que faites par l’association Estuaire Loire et Vilaine indiquant une forêt de laminaires.

Ce qui ressort de ces échanges est que les algues brunes en question sont de deux familles distinctes :

  • Laminaria hyperborea ou Laminaire nordique - qui est une grande algue pérenne qui peut atteindre plusieurs mètres de haut, caractéristique sur laquelle Bio-Littoral et Estuaire Loire et Vilaine se sont basés pour comparer avec une "forêt".
  • Laminaria saccorhiza polyshides qui est une plante annuelle.
    Il faudrait donc parler de prairie plutôt que de forêt !A la suite de quoi Bio-Littoral et Estuaire Loire et Vilaine ont précisé que la deuxième espèce ne commence à pousser que lorsque la mer devient assez chaude, que le réchauffement de la terre tarde cette année, et que pour les voir il aurait fallu faire l’étude fin juin plutôt qu’en avril.

De son côté, un scientifique de l’IFREMER a indiqué que la première espèce diminuait sur nos côtes, du fait du réchauffement climatique (ce n’est pas pour rien qu’elle est appelée laminaire nordique).

En conclusion sur cette question : là où les études ne montrent pas de laminaires, il y en a peut-être en été, mais de l’espèce secondaire. La présence de laminaires hyperborea est donc effectivement assez réduite.

Par ailleurs, le porteur de projet a proposé à Bio-Littoral et Estuaire Loire et Vilaine de travailler ensemble sur un protocole qui serait amélioré en tenant compte de leurs critiques.

La responsable de Bio-Littoral a refusé n’ayant pas été retenu par l’appel d’offre, en donnant tous les détails sur sa start-up, y compris le fait que ses salariés "ont des petits salaires, mais sont heureux comme ça parce que ce sont des passionnés".
Le représentant de Estuaire Loire et Vilaine (ELV) a accepté la proposition, dans des conditions qu’il restera sans doute à préciser.

À l’issue de cette question, il a été décidé que, via la CPDP, une demande de participation sera rédigée, à laquelle ELV pourra clairement répondre.

IFREMER a également signalé la colonisation des pieux par les laminaires, observations faites également par retour d’expérience sur les parcs éoliens existants. Cette appropriation de lieux fixes comme les pieux par les algues s’accompagne d’une faune associée. Le représentant d’IFREMER a ensuite précisé qu’une observation ponctuelle n’avait aucun sens, les études devraient porter sur 2 périodes de l’année (hiver et été) avec une comparaison entre plusieurs années.

 Le forage et les débris

Dans les questions posées la CPDP avait noté l’ensablement des plages, la connaissance du sous-sol, les gravats et fondations.

A ces points s’est ajoutée une demande de modélisation, au niveau des courants en particulier.

Vert Pays Blanc et Noir a rappelé qu’il y a près de la zone-projet une zone de clapage, et un autre intervenant est intervenu pour rappeler la zone d’extraction de granulats. Il est donc possible, à partir de ces zones, de faire des études de modélisation en réel.

Le cabinet Artélia nous a indiqué qu’un clapage, c’est 8 500 m3 de sédiments d’un seul coup, alors que le maximum de sédiments générés lors d’un forage c’est 1 m3/heure, pendant 3 ou 4 jours, ce qui "est donc rien comparé à ce qui existe déjà dans l’estuaire".

A noter que ces zones de clapage et d’extraction sont situées à l’est, et soumises à l’effet de chasse de l’estuaire.

Le format "atelier" a permis au maître d’ouvrage de décrire le fonctionnement de la foreuse dans le cas d’une pose par forage. Le forage se fait par l’intérieur du monopieu et les sédiments et gravats remontent par l’intérieur. Pas d’utilisation de bentonite, la remontée se fait par pression avec eau et air.

Lorsqu’il est nécessaire de sortir les sédiments et gravats, ils seront mis sur barge, avant d’être remis à l’intérieur du pieu (formule préférée car moins coûteuse). Si nécessaire les gravats seront traités comme des déchets en suivant les procédures réglementaires.

Suite à une question, il est indiqué qu’une modélisation de la dispersion des sédiments sera faite. Chose qui fait partie des nombreuses études qui restent à faire.

Une étude concernant l’influence des pieux sur les courants a été montrée. L’impact ne va pas au-delà de 150 m. Il n’y a donc pas d’addition d’impact entre les éoliennes qui sont éloignées d’un km. Et donc pas d’impact sur le trait de côte (érosion ou ensablement des plages).

Par contre, les courants au pied du pieu provoqueront un affouillement. Donc un impact sur les abris utilisés par la faune marine. A la demande de Vert Pays Blanc et Noir il a été précisé que des mesures compensatoires seront prises.

Câble

Suite à une intervention de Vert Pays Blanc et Noir, le consortium s’est engagé pour que le cheminement ne se soit pas forcément réalisé de manière linéaire mais adapté selon la nature du sol.

A la demande d’un intervenant, a été actée la nécessité de pratiquer une coupe du fond rocheux sur une petite distance, afin de modéliser l’impact concernant la mise en place d’un câble.

A été précisé que la perturbation électro magnétique des câbles est très faible : à l’état naturel elle est de 20O µV/m, 70 µT Une fois le câble confiné elle n’est plus que de 0,07µT

Le bilan énergie

A une question sur le bilan comparatif "énergie dépensée", du début de la construction à la fin de la démolition- "énergie produite", nous avons eu la réponse suivante :

  • le bilan carbone sur les 30 ans de projet correspond à 17 g de carbone par kWh
  • dit d’une autre manière, l’impact carbone sera compensé par la production électrique au bout de 9 mois

La faune aérienne

Remarques de la LPO :

  • le muffin en voie de disparition : manque de données ;
  • le problème des chauves souris : besoin d’un radar ;
  • demande d’arrêt des machines en période de migration ;
  • les grands voiliers recherchent les ascendances à terre mais pas en mer donc moins de mortalité en mer que terrestre ;
  • nécessité de travailler sur des détecteurs d’oiseaux.