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Publié : 15 janvier 2014

Proliférations d’algues sur les côtes

Article du Télégramme- Janvier 2014

En 2013, le tonnage d’algues vertes ramassées sur les plages bretonnes a été le plus bas enregistré lors de ces douze dernières années. Pourtant, un rapport officiel parle de prolifération.

« D’importants développements d’algues touchent de nombreux secteurs côtiers sans qu’une diminution puisse être observée ces dernières années ». D’entrée, le rapport du Commissariat général au développement durable (CGDD) douche un peu les espoirs que pouvaient susciter les faibles tonnages d’algues vertes ramassées l’été dernier sur les plages bretonnes (Le Télégramme du 24 septembre 2013).Certes, cette étude (*) vise aussi bien les macro-algues (principalement les ulves) qui produisent les marées vertes, que les algues microscopiques (le phytoplancton), à l’origine des eaux colorées constatées épisodiquement sur les côtes (lire ci-dessous). De plus, cette étude s’intéresse à l’ensemble du littoral métropolitain et non uniquement au rivage breton.

Plus une exclusivité bretonne

Mais le résultat des travaux du commissariat, remis au ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, n’incite pas à l’optimisme. D’ailleurs, le 12 septembre dernier, en sortant du comité régional « Algues vertes », Patrick Strzoda, le préfet de région, s’était gardé de tout triomphalisme en parlant d’un bon bilan 2013 « dû essentiellement aux conditions météorologiques marquées par un printemps froid et un été tardif ».

Que dit ce rapport ? Il rappelle tout d’abord que si « les premières marées vertes sont apparues dans les baies des Côtes-d’Armor, au début des années 70 », la Bretagne n’en a plus aujourd’hui l’exclusivité car « de nouvelles plages sont touchées dans le Calvados, dans les havres du Cotentin, sur le littoral de Loire-Atlantique, quelques secteurs de Vendée, dont Noirmoutier, et sur les îles de Ré et Oléron ». Un premier constat qui n’est pas forcément une consolation d’autant que les marées vertes touchent aujourd’hui de nombreux territoires bretons : l’estuaire de la Rance, les baies de Saint-Brieuc et Lannion, le Léon, la rade de Brest, les baies de Douarnenez et de la Forêt, la rade de Lorient, la ria d’Etel et le golfe du Morbihan.

Un coût de 1,7 M€ en 2012

« En 2012, 51 plages et 33 vasières d’estuaire étaient concernées en Bretagne et le nombre de secteurs touchés augmente depuis une quinzaine d’années, ce qui n’est, en revanche, pas le cas de la surface de plages recouvertes, qui varie entre 1.500 et plus de 4.000 hectares, selon les années », note encore l’étude. Selon le CGDD, qui cite des chiffres du Centre d’étude et de valorisation des algues, entre 50.000 et 100.000 m³ d’algues sont ramassés et traités annuellement par les collectivités territoriales concernées, pour un coût total d’environ 1,7 M€ en 2012 (20 € par m³).

« Les nombreuses actions entreprises en Bretagne ont permis de faire diminuer significativement les concentrations en nitrates des cours d’eau qui restent cependant encore trop élevées pour limiter les marées vertes », reconnaît le Commisariat Général du Développement Durable.

Pour lire le rapport complet  : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/2100/1143/proliferations-dalgues-cotes-metropolitaines.html