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Publié : 10 janvier 2015

Eolienne flottante sur le site de SEMREV

Article de Ouest-France
du 31 décembre 2014

Dans un an, la première éolienne flottante

Ce sera la première en France. Cette machine expérimentale sera testée pendant deux ans. Initialement, les essais devaient se faire aux Canaries. Le site n’étant pas prêt, ce sera au large du Croisic.

Ce sera la première en France. Elle sera testée pendant deux ans, à titre expérimental, au large du Croisic.

Un terrain d’exercice d’un kilomètre carré

Sem-Rev, laboratoire scientifique rattaché à l’École centre de Nantes, dispose d’un terrain d’exercice d’un kilomètre carré dans l’Atlantique, au large du Croisic. Ce site d’abord destiné à tester la production d’électricité en utilisant le mouvement des vagues, mission élargie à l’éolien en mer et aux projets mixtes, est interdit à toute autre activité. L’occupation reste discrète. Quatre bouées pour délimiter des lignes infranchissables au commun des mortels. D’autres bouées servent à mesurer la houle et enregistrer les données météo. Un câble immergé d’une capacité de 20 000 volts est désormais raccordé au continent et connecté à une sous-station du réseau d’électricité (RTE). Le jus que l’on espère produire bientôt ici est assuré d’un débouché.

Avant les éoliennes posées

À terre, dans la base du labo Sem-Rev où une petite dizaine de personnes bossent, on attend ce grand jour. Il ne devrait plus tarder. Une éolienne doit s’ancrer dans ce paysage d’ici la fin 2015. Elle devancera de deux ans celles prévues sur le banc de Guérande. Contrairement à ces dernières, elle flottera. Floatgen, projet emporté par le fabricant de turbines Gamesa, un espagnol en cours de mariage avec Areva, réunit sept partenaires de quatre pays dont l’École centrale. Il vise à tester une machine de 2 mégawatts. « L’essai devait se faire au large des Canaries, mais la préférence a été donnée à Sem-Rev dans la mesure où le site est immédiatement disponible avec un raccordement opérationnel et toutes les autorisations nécessaires », résume le directeur de Centrale Nantes, Arnaud Poitou.

200 personnes pendant deux mois, 100 après..

La mise en chantier de l’éolienne est prévue pour mars prochain. Elle va être dotée d’un flotteur conçu par le Français Idéol. Les dimensions sont conséquentes. Quatre blocs de béton en forme carrée avec un trou au milieu. L’équivalent d’un bâtiment de 40 m de long sur 10 de large, 7 m de tirant d’eau et 3 m de tirant d’air. Ce module va être construit par Bouygues. Où ? Deux hypothèses sont encore dans les tuyaux. En cale sèche ou sur un espace portuaire. Aux dernières nouvelles, rien n’était encore tranché. La solution à terre impose le recours à une grue de très grosse capacité avec un coût d’intervention à la journée d’un million d’euros... De quoi renchérir un projet de 25 millions, dont 8 apportés via l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. « Plus de la moitié du coût est pris en charge par les industriels », rappelle Christian Berhault. Le chantier devrait occuper 200 personnes pendant deux mois. Une centaine par la suite, selon ce chercheur.

Thierry BALLU