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Publié : 1er septembre

Promenade de mer La Baule : enquête publique prolongation émissaire de Mazy

VPBN a déposé dans le cadre de la courte enquête d’utilité publique (du 22/8/22 au 9/9/22) sur la prolongation de l’émissaire du Mazy sur la plage
L’enquête porte uniquement sur la prolongation de l’émissaire sur le domaine maritime et pas sur son traitement en amont. C’est regrettable et ne permet pas d’aborder le problème dans son ensemble.

Nous regrettons fortement que ce dossier n’est pas fait l’objet d’études d’impacts et que l’enquête ne soit que sur 3 semaines.

Loi sur l’eau de 1992

Le dossier indique que la loi sur l’eau de 1992 n’est pas applicable car l’émissaire date de 1936.
En 1936, cet émissaire concernait essentiellement le ruisseau du Mazy auquel s’ajoutait un peu d’eaux pluviales dans un environnement peu urbanisé.
Depuis les inondations sont essentiellement dues à très forte urbanisation du bassin versant.
A partir du moment ou l’empreinte sur la plage augmente de 50 % et que la gestion des eaux a l’amont a été fortement modifiée, n’est il pas légitime de mettre en œuvre la loi sur l’eau ?

Sédimentologie

Le dossier indique qu’il a été effectué un arbitrage sur la longueur de prolongation (25 m) de l’exutoire de Mazy pour éviter l’ensablement de cet émissaire et l’impact sur la sédimentologie de la plage par l’épi nouvellement créé.
Peut on avoir accès à l’étude ayant abouti à cette conclusion car elle ne figure pas au dossier d’enquête publique ?
La prolongation de l’émissaire ainsi que l’augmentation de son diamètre empêchera-t-il réellement que le sable bouche de cet émissaire ?
Quel impact aura l’épi sur l’accumulation de sable coté La Baule et le creusement de la plage coté Pornichet ?

Courantologie

Le dossier ne présente pas d’étude de courantologie.
La section de l’émissaire étant 2 fois plus importante, est ce que les effluents plus violents en cas d’orage iront plus loin dans la baie ?
De quel coté seront envoyés les effluents sachant que des récifs sont situés devant les immeubles des Vagues ?
Quels impacts auront ces courants sur les poissons, algues et coquillages qui trouvent refuges au milieu de ces rochers découverts à marée basse aux forts coefficients. ?
La dilution sera t’elle plus lente entre eau douce et eau salée ?
Quels impacts aura ce courant plus important et cette non dilution sur les poissons notamment sur les bars qui sont pêchés régulièrement dans cette portion de plage ?

Qualité des eaux

Rien n’est indiqué sur ce sujet dans le dossier.
Il est déclaré dans le dossier que le nouvel ouvrage n’a pas d’impact sur la biodiversité.

La plage des Libraires coté Pornichet est interdite à la pêche aux coquillages du fait de la mauvaise qualité des eaux.
Quel est l’impact de l’émissaire du Mazy sur la pollution de la baie ?
La moindre dilution lors des fortes pluies du fait d’un débit plus important ne pourrait elle pas par sa turbidité, à sa moindre salinité entraîner une dégradation de la qualité des eaux y compris coté La Baule ?
Est ce que cela pourrait remettre en cause la pêche aux bars et aux coquillages coté La Baule ?
Actuellement les oiseaux viennent boire à la sortie de l’émissaire. Est-ce que cela sera toujours possible pour eux ? Quel impact de l’éventuelle pollution sur ces oiseaux ?
Actuellement les enfants jouent régulièrement avec l’eau sortant de l’émissaire : construction de petits barrages, exploration dans l’émissaire…. Quel impact d’éventuelles pollutions sur la santé des enfants ?

Artificialisation des sols

L’emprise au sol de la prolongation de l’émissaire passe de 105 à 165 m².
Comment cette augmentation de 60 m² d’artificialisation des sols est-elle compensée ?
Quel impact aura cette artificialisation sur les peuplements benthiques ?
Quel sera l’impact visuel sur la plage à marée basse ? (aucune photo montage pour se rendre compte n’est présente au dossier).

Sortie de l’émissaire et sécurité
Peu de choses sont indiquées sur la sortie de l’émissaire.
Est ce que celui ci sera identique à l’actuel mais en plus haut ?
Est ce que les enfants pourront continuer à jouer autour et dedans comme actuellement ?
A marée haute, la sortie de l’émissaire ne sera pas visible. Quelle sécurité pour les baigneurs ne comprenant pas la signalétique de la simple petite bouée prévue ?
La risque supplémentaire de baïne a-t-il été évalué (risque que le courant emmène au loin les nageurs) ?

Submersion et trait de côte

L’enquête porte uniquement sur la partie aval coté zone maritime. Cependant on constate que coté ville l’altitude de l’avenue de Lyon à partir de l’avenue saint Georges est 1,5 m en dessous du niveau de marée haute à fort coefficient.
Ce quartier inondable par les eaux pluviales pourra-t-il être encore plus inondable par l’eau de mer du fait de l’élargissement du diamètre de l’émissaire ?
Comment empêcher l’eau de mer de remonter dans l’émissaire ?

Du fait du changement climatique : fortes pluies et hausse du niveau de la mer. Le remblai à cet endroit est moins élevé que par ailleurs.
Que se passera t’il en cas d’élévation du niveau de la mer ? Le remblai devra-t-il être surélevé ? Dans ce cas que devient cet émissaire ?

Pérennité de l’ouvrage et vue d’ensemble

Il est indiqué que cet ouvrage est construit pour 20 ans. D’autre part il n’est pas prévu de démanteler cet ouvrage et donc sa déconstruction n’est pas prévue. L’étude a été réalisée en 2020 alors que de nombreuses maisons (notamment en drapeau) ont été construites depuis.
Est ce que les hypothèses de dimensionnement de l’ouvrage sont les bonnes ?

Nous regrettons que la prolongation de cet exutoire n’est pas fait l’objet d’une étude globale de la gestion de l’eau au niveau de l’estuaire du Mazy. En effet la zone inondable actuelle se situe au niveau de cet estuaire qui a été complètement bétonné.
Du fait du réchauffement climatique et de ses conséquences chaque année augmentées, ne serait il pas pertinent de prévoir une autre solution avant 2042 ?
La commune de La Baule s’est déclarée en zone impactée par le trait de côte. Ne faudrait il pas rendre l’estuaire à la mer ce qui nécessitera de supprimer ou protéger différemment quelques maisons et immeubles ?

Ne faudrait il pas en parallèle, obliger la rétention à la parcelle ou si cela n’est pas possible ralentir les écoulements des eaux pluviales dans les propriétés (plus grosses gouttières, freins d’écoulement….), dés-artificialisation de certaines surfaces ?

Lors des travaux

Quels sont les solutions prévues pour la gestion de l’eau pendant les travaux (coefficient > 110 en février et mars 23, l’eau ira jusqu’au remblai) ?

L’enquête publique terminée, les travaux ont commencés fin septembre , le rapport et les conclusions de l’enquête ne sont pas publiés au 28 octobre ...

Texte déposé à l’enquête publique fin août